Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole

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Echange de courrier avec la vice-présidente environnement de la région Nouvelle-Aquitaine

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En réponse à la lettre aux élus du 10 septembre, nous avons reçu le courrier ci-dessous de Mme Françoise Coutant Vice-Présidente en charge de la Transition Énergétique et du Climat :

lettre du 29 septembre 2016

A ce courrier nous avons répondu le 21 octobre en adressant la lettre suivante à Mme Françoise Coutant :

Madame,

Nous apprécions que vous ayez bien voulu répondre à notre lettre aux élus du Conseil régional concernant un article de la revue « Nouvelle Aquitaine » consacré aux sources d’Énergies Marines Renouvelables (EMR).

Vous avez pris note de notre remarque concernant la confusion entre les unités de puissance et les unités de production que vous « tâcherez » de ne pas confondre à l’avenir. Nous pensons toutefois que l’usage correct des bonnes unités de mesure ne relève pas de quelque « effort » à faire, mais que c’est un devoir fondamental de respect d’éléments scientifiques apportés aux lecteurs afin qu’ils en aient la meilleure compréhension possible.

 

Au niveau de responsabilité qui est le vôtre, en charge du domaine énergétique, il faut plus que « tâcher » d’user d’exactitude, c’est un devoir d’autant plus important que de trop nombreux médias commettent ce type de faute. Nous savons malheureusement par expérience que ce genre d’engagement est rarement suivi d’effet car la propagande du lobby écologiste y perdrait considérablement en crédibilité.

Vous relevez dans notre lettre une « dissonance » à comparer un gisement potentiel d’EMR avec la réalité de technologies existantes (le nucléaire), vous expliquez qu’il s’agit d’« hypothèses » mais l’article mis en cause est loin d’être aussi explicite et tend à présenter ces « hypothèses » comme des ressources à portée, alors que le « potentiel » en question procède d’estimations aussi peu prouvées que les assertions de fonctionnement d’équipements encore non expérimentés, voire pas même construits, dont les bases physiques fondamentales pourtant connues sont complètement dédaignées…. soit par des béotiens, soit par des idéologues… s’appuyant sur des ressources financières issues de fiscalités diverses.

Votre charge contre le nucléaire, qui manquerait de souplesse et nécessiterait de faire appel à des sources autres pour faire face aux pointes, ne manque pas de sel lorsque l’on connaît la volatilité des sources renouvelables d’énergie dont on nous rebat les oreilles. L’argumentation relative au « rendement des technologies » qui serait défavorable au nucléaire est une construction totalement artificielle que vous ne justifiez absolument pas et que vous ne pouvez faire valoir qu’auprès de béotiens. Pour nous le rapport entre l’énergie produite et la puissance installée qui la produit a un nom et un seul, c’est le facteur de charge annuel ou pluriannuel, qui est le rapport entre la quantité d’énergie produite, par exemple sur un an, et la quantité que pourrait produire l’installation si elle fonctionnait à pleine charge 100 % de cette même année. C’est souvent aussi exprimé comme le rapport du nombre d’heures équivalent à une production à 100 % de la puissance installée sur une année, et le nombre d’heures de l’année (8 760h). Ils sont égaux et incluent toutes les circonstances de fonctionnement réel sur l’année, sans prétention d’introduire des notions de potentiel, de rendement théorique, etc. qui relèvent d’une approche idéologique et non pas scientifique. Ces notions ne relèvent que de suppositions, d’imaginations, d’affabulations comme celles de la Perrette de La Fontaine, voire hélas même comme tentative de dissimulation et d’enfumage.

En annexe à cette lettre nous fournissons des éléments techniques de comparaison tirés des expériences acquises en France et en Europe telles que publiées par les gouvernements eux-mêmes.

Vous poursuivez votre diatribe antinucléaire en affectant de penser que seul celui-ci pose des problèmes de réversibilité des sites, d’impact sur l’environnement, de sécurité.

Vous êtes très exigeant sur la prise en compte de toutes les contraintes qui y sont liées, et ceci est parfaitement justifié. Par contre, nous constatons que les mêmes exigences ne sont pas appliquées à d’autres sources, tel l’éolien dont les nuisances visuelles et sonores, l’impact sur l’avifaune et la faune marine sont soigneusement occultées.

En exemple indéniable : l’augmentation autorisée à 35 dB des niveaux sonores au lieu des 30 dB industriels légaux, et la limitation à 100 Hz des vibrations à prendre en compte pour les aérogénérateurs, ont été décrétées en mépris total des conséquences sanitaires sur les populations exposées, humaines, animales, et marines particulièrement sensibles aux infrasons de si longue portée dans leur milieu, et que bon nombre d’entre elles font usage pour communiquer.

Concernant le coût de l’électricité et la comparaison faite avec l’Allemagne, vous expliquez l’écart considérable par le fait que ce pays « internalise » tous les coûts alors que nous ne prendrions en compte que les coûts de production et d’exploitation. Cela n’est pas sérieux, car la charge d’amortissement des installations de production est évidemment prise en compte, des provisions sont constituées pour le démantèlement des centrales de toutes natures et le financement de l’Andra pour le stockage des déchets nucléaires ultimes est en grande partie assuré par EDF : autant de coûts entrant dans la constitution du coût de production de l’électricité.

A contrario, nul ne doit ignorer le coût important supporté par le consommateur allemand pour financer l’Energiewende que le vice-chancelier Sigmar GABRIEL lui-même a déclaré être estimée à plus de 1 000 milliards d’euros, en reconnaissant ne plus pouvoir être en capacité de la réaliser et se voir en conséquence dans l’obligation de mettre en construction une dizaine de centrales électriques à charbon et pire encore à lignite, au mépris le plus hypocrite de leur officiel engagement lors de la COP 21 (voir figure 2 en annexe).

En conclusion, nous ne pouvons que renouveler notre pressante invitation au Conseil Régional de la Nouvelle Aquitaine à faire preuve de discernement dans les choix qu’il pourrait être amené à faire dans le domaine énergétique. Les lois de la physique qui gouvernent ces domaines sont en effet têtues… et quiconque aspire à changer radicalement nos modes de production d’énergie doit en tenir soigneusement compte, à défaut de quoi cela mènera à de cuisantes déconvenues en plus des coûts inutilement supportés par les contribuables.

Nous vous prions de croire, Madame, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Jacques Sallibartant                                                           Jean-Claude Rémondet

Président                                                                             Vice-président

Copie à Monsieur Alain ROUSSET Président du Conseil Régional de la Nouvelle Aquitaine

Annexe à notre lettre

Nous n’avons pas à démontrer la fiabilité et la disponibilité de l’électricité nucléaire sur de longues périodes, le coefficient de charge annuel du parc national dépassant les 85 % est démonstrateur suffisant…. ne requérant que de peu fréquents apports de l’hydraulique en heures de pointe de consommation, et exportant les excédents….  alors que :

  • la moyenne nationale des aérogénérateurs terrestres de 2010 à 2014 ne présente même pas le quart de ce facteur (22 %),….  A contrario des assertions du document reçu de votre part, ce sont leurs fonctionnements intermittents, aléatoires, météo dépendants, de rapides variations qui imposent l’usage fréquent des équipements et centrales de réponses rapides dits 'de capacité'….  qu’il faudra bien investir en plus et payer à ne rien faire quand Éole daigne souffleter les pièges dressés à son encontre…
  • la seule machine du genre sur côte atlantique (turbine Vestas de 2 MW installée depuis octobre 2011, à 5 km de Aguçadoura au Portugal) fait encore moins avec une moyenne de 1 847 heures équivalentes à puissance nominale, soit 21 %.
  • la seule EMR nationale actuellement active (usine marémotrice de la Rance) ne fait guère mieux (25 %) depuis des années… du fait des heures de renverse et d’étale des marées…
  • les aérogénérateurs de Mer du Nord, tant vantés par des 'autorités nationales' encore plus haut placées que la région, ne font guère mieux…. Les données publiées par le Danemark, champion déclaré en la matière ne peuvent se vanter que de quelque 2 000 heures équivalentes à puissances nominales (figure 1).
  • les hydroliennes de tous styles gouvernées par la même formule fondamentale de BETZ que les aérogénérateurs où le facteur vitesse est à la puissance 3, sont encore moins efficaces que ces derniers du fait de la modicité des vitesses des liquides les parcourant, même si la masse volumique de ces derniers apparaît plus intéressante…
  • les divers houlo-générateurs et autres flotteurs à chambres de compressions alternatives expérimentés par les Britanniques n’ont fait que décevoir leurs promoteurs, redémontrant seulement les fondements physiques de l’énergie mécanique : masse x déplacement… qui, lorsqu’on cherche même seulement quelques MégaWattheures d’énergie à partir de ces milieux de sources diffuses, aboutissent soit à des monstruosités encore pires que les aérogénérateurs actuels, soit à des champs d’ahurissantes étendues peuplées engins de dimensions plus maniables… comme on en voit dans le désert du Mojave aux USA….

 

Exemple facile : période 2003 à 2008, stable en puissances installées, avec environ 3 250 MW de puissance nominale. Bien évidemment, les productions annuelles sont dépendantes des conditions météo de chaque année (on lit à peu près 5,5 ; 6.6 ; 6.7 ; 6.0 ; 7.0 ; 6.9 TWh) mais que l’on peut honnêtement moyenner proche de 6,5 TWh.

Alors, le nombre d’heures équivalentes à puissance nominale pour l’ensemble du pays est en moyenne de (6500GWh/3250MW) = 2 000 heures, soit à peine plus que les 1 960 à 1970 heures de la moyenne terrestre en France.

 

 

 

 

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