Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole

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Editorial et vœux : Résistons

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Résistons!

Il n’y a qu’une fatalité, celle des peuples qui n’ont plus assez de forces pour se tenir debout et qui se couchent pour mourir (Général De Gaulle).

Ainsi le couperet est tombé sur l’exploration et la production pétrolière en France, en réalité sur des sociétés qui devront mettre la clé sur la porte, et donc des femmes et des hommes qui devront quitter des métiers passionnants dont l’Amicale a toujours pris la défense.

Nous publions dans ce numéro les noms des parlementaires qui, par ignorance, par manque de courage ou par soumission ont voté cette loi, ainsi que celui des très rares qui ont voté contre, par réalisme pour certains, mais plus vraisemblablement par tactique politicienne pour beaucoup. À nos adhérents de demander des comptes aux élus de leur circonscription !

Les gourous à l’initiative de cette loi se sont positionnés sur un plan purement idéologique : citons Nicolas Hulot en débat de Commission du 26 septembre 2017 : « La sortie progressive des hydrocarbures que je vais évoquer… me paraît constituer un bon exemple de décroissance intelligente, … »

L’idéologie qui sous-tend cette loi est celle de la décroissance prônée par les écologistes ; si certains de ces écologistes font ce choix sur la base de convictions parfaitement respectables, pour beaucoup d’autres les motivations sont plus troubles et leur mode de vie souvent peu conforme aux idéaux qu’ils défendent.

Reste que cette idéologie de la décroissance est bien loin de revêtir l’assentiment de la majorité de la population. L’histoire de l’humanité s’est construite depuis la nuit des temps sur des avancées scientifiques et technologiques contribuant à améliorer la vie des hommes : comment échapper à cette évolution inéluctable ?

Les défenseurs de cette décroissance mettent en opposition deux notions du temps : le temps fléché et le temps circulaire.

D’abord le temps fléché : il est celui qui donne un objectif, la promesse d’un monde meilleur. L’histoire ne se répète pas, elle est à réaliser, à domestiquer : c’est la conception judéo-chrétienne du monde occidental.

À l’opposé, il y a le temps circulaire, qui est historiquement celui des sociétés orientales. Un temps qui se répète, l’histoire qui rejoue sans cesse. Le temps circulaire ne donne pas pour objectif d’améliorer le monde ni de le domestiquer, il recherche l’harmonie, l’équilibre constant entre soi et le monde.

Et les chantres de la décroissance de conclure : « La terre a été tellement domestiquée qu’elle en a été détruite : d’une certaine façon, le temps fléché a abouti à une catastrophe quasi irréparable ».

L’ennui dans cette philosophie est que les sociétés orientales se lancent actuellement à corps perdu dans la vision occidentale du temps fléché et en adoptent avec délectation l’héritage : elles doivent bien y trouver des avantages, 

Les avocats de la décroissance semblent par ailleurs oublier que la science fait sans cesse des progrès pour résoudre les problèmes qui se posent à l’humanité : il est vrai que beaucoup d’entre eux ont une vision très négative de la science.

Enfin comment parler de décroissance alors que la population mondiale est et restera encore pendant plusieurs décennies en forte croissance ?

Lorsque Nicolas Hulot parle de « décroissance intelligente » à propos de sa loi, il fait injure à la réalité car elle ne changera strictement rien à ce qui en est l’objectif, la réduction des émissions de CO2. On sait maintenant que la teneur en CO2 de l’atmosphère et la température ou le climat de la Terre ne sont pas liés, ou s’ils le sont ce serait plutôt dans le sens inverse de celui qui nous est asséné depuis des années.

Mais au-delà de cet objectif technique affiché il en est un autre qui a également été avancé : celui de montrer l’exemple au monde entier. C’est en réalité un bel exemple d’arrogance et de mégalomanie de la part d’un pays incapable de gérer ses problèmes internes, une nostalgie low cost de la Révolution et des Lumières qui nous vaut la risée universelle.

Cette loi sur les hydrocarbures fait partie intégrante de l’édifice de la transition énergétique, la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (la « transitude » de Mme Ségolène Royal).

Or des failles commencent à apparaître dans cet édifice ; ainsi sur le dossier du nucléaire, Nicolas Hulot vient de reconnaître que les objectifs de réduction n’étaient pas tenables. Certains ont qualifié de « pragmatique » cette prise de position : plus prosaïquement disons qu’il s’agit du constat d’échec d’une politique inspirée par l’idéologie au mépris de réalités physiques incontournables.

Au sein même de l’actuel gouvernement des signaux d’alerte sont émis de manière indirecte certes, mais assez claire : ainsi la note d’analyse de France Stratégie, que nous publions dans ce numéro, démontre les faiblesses de l’Energiewende allemande pourtant mise en avant comme le modèle à suivre.

Ailleurs, dans les collectivités locales, personne n’hésite plus à dire que l’intérêt écologique a été supplanté par l’apport des mannes financières que cette loi génère, spécialement dans le secteur de l’éolien qui est un des piliers de cette transition énergétique.

Pour toutes les raisons que nous venons d’évoquer, nous pensons qu’il faut continuer à résister à une pensée unique et à des politiques absurdes qui affaiblissent notre pays et appauvrissent sa population. Nous ne voulons pas être des victimes aveulies et résignées par des années de propagande et d’intimidation au point d’avoir perdu conscience de la nécessité de se battre pour les générations à venir.

Par chance, dans ce contexte morose, cette fin d’année nous laisse entrevoir une reprise de l’activité pétrolière. Le cours du baril remontant, les affaires semblent repartir : après plusieurs années de contraction, les contrats attribués mondialement aux groupes parapétroliers auraient rebondi d’environ 40 % depuis fin 2016. Notamment en Afrique, sur le continent américain et au Moyen-Orient.

Voilà donc des raisons d’espérer une année 2018 un peu plus favorable pour les membres actifs de notre Amicale, hors de France, bien entendu !

C’est un des vœux que nous formulons pour la nouvelle année, avec ceux de santé, de paix et de bonheur pour vous et vos familles.

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