Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole

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Le gaz de schiste est une énorme opportunité pour l’Europe

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Entretien du correspondant à Bruxelles du BIP (Bulletin de l’Industrie Pétrolière) avec l’eurodéputée grecque de centre-droit  Niki Tzavela, rapporteuse au Parlement européen sur le gaz de schiste à la commission de l’industrie et de l’énergie (ITRE), dont le rapport sera débattu en séance plénière à Strasbourg - en même temps que celui de son collègue Boguslaw Sonik - le 20 novembre dans l’après-midi, en vue d’un vote d’approbation le 21 en milieu de journée.

Q - Quelle est la position de la commission de l’énergie du Parlement européen sur le gaz de schiste ?

La position est partagée. D’un côté, il y a ceux qui considèrent que c’est un aspect de l’industrie de l’énergie - ce qui est le cas, en fait - et, de l’autre, ceux qui voient les gaz de schiste d’un point de vue de l’environnement. Ce que je veux rappeler à tous, c’est que mon rapport est celui de la commission de l’industrie et de l’énergie, et que nous devons aborder la question sous cet angle, en tenant compte bien sûr de tous les aspects environnementaux de cette question.

Q - Que représente l’opportunité du gaz de schiste pour l’Europe ?

C’est une énorme opportunité. Nous ne devons pas le considérer comme une menace mais comme un défi à relever. Si nous craignons son impact sur l’environnement, si nous n’essayons pas, nous ne saurons jamais... Nous bloquerions l’Europe dans son développement et sa croissance économique. Nous devons donner une chance au gaz de schiste.

Q - Pourtant, dans l’un des rapports de la Commission européenne, il est clairement dit que le gaz de schiste n’empêcherait pas l’Europe de devoir continuer à importer de l’énergie, mais ne ferait que stabiliser les importations pour un temps…

C’est un grand pas d’arriver à stabiliser les importations ! Et c’est un grand pas en avant de rendre certains États membres semi-indépendants des grands fournisseurs qui profitent de leur monopole pour augmenter leurs prix comme bon leur semble. Je viens d’un pays qui n’a pas de gaz de schiste.
Mais je considère que le combat pour les gaz de schiste est un combat européen. Nous devons convaincre en tenant compte des précautions environnementales.

Q - Que répondez-vous aux détracteurs de votre rapport, approuvé en commission parlementaire, qui serait trop favorable à l’industrie et n’accorderait pas suffisamment de considération à l’environnement ?

Mon intention est d’être vraiment objective. Et j’essaie de trouver la règle d’or. Et là, nous verrons que mes détracteurs sont très dogmatiques. On ne peut pas faire de la politique européenne et être dogmatique. Le dogmatisme n’est ni productif ni créatif. Mon rapport est bien équilibré.
Nous avons pris toutes les précautions. Nous avons demandé des améliorations mais nous permettons aux États membre d’exploiter les gaz de schiste. Sinon, nous serons responsables, à l’avenir, de certaines choses qui pourraient arriver en Europe. Et il faut faire très attention à cela.

Q - Comment votre rapport s’articule-t-il avec le rapport parallèle de la commission de l’environnement dont Boguslaw Sonik est le rapporteur, et qui met plus l’accent sur les risques environnementaux ?

Nos rapports seront débattus ensemble mais le vote sera séparé. Je n’ai aucune objection à mettre en exergue les risques environnementaux, ni à imposer des règles. Mais celles-ci ne doivent pas être extrêmes. Imposer des règles extrêmes revient à ne pas vouloir que le projet avance. Quand vous voyez ce qui est proposé comme règles, cela signifie le blocage des projets. Regardez la Pologne : ils n’ont ni vent ni soleil, donc que peuvent-ils faire en matière de renouvelables ? Et ils ont du charbon... Comparez le charbon au gaz de schiste. Ce dernier est bien plus propre. J’en appelle à mes collègues : ne soyez pas trop chauvins ! De nombreuses positions exprimées sont nationales. Elles ne reflètent pas l’intérêt européen. D’autres positions viennent de perceptions extrémistes sur le changement climatique, avec lesquelles il ne peut y avoir de compromis. Nous avons l’obligation devant nos concitoyens européens d’exploiter les sources de croissance en Europe, en tenant sérieusement compte de toutes les règles réalistes.

Q - Vous parlez de règles à fixer. Quel est le rôle de l’UE dans ce cas ?

Tout d’abord, le cadre réglementaire sur les industries extractives est national. Les États peuvent se baser là-dessus pour le rendre plus précis pour le gaz de schiste, vu qu’ils ont la souveraineté sur leur bouquet énergétique. L’UE doit fournir un cadre stable au sein duquel les États membres peuvent développer le gaz de schiste. 
Mon rapport propose un cadre très objectif. Nous avons toutefois des objections très fortes de la part de collègues qui le voient comme une question nationale plutôt qu’européenne.

Q - La DG Environnement a l’intention de proposer une législation l’année prochaine. Pensez-vous que cela est nécessaire ?

Je ne peux pas avoir d’objection à cela, au contraire. La seule chose que j’ai à l’esprit, à l’heure où je vois ce qui se passe, c’est qu’il faut proposer de la réglementation, mais qu’elle soit réaliste. Le gaz de schiste est de l’énergie, donc c’est le Commissaire européen à l’Énergie qui devrait s’en occuper.
Le Commissaire à l’Environnement pourrait ensuite y apporter ses propres éléments. En outre, la technologie s’améliore sans cesse pour diminuer l’impact environnemental. On ne part pas de zéro.

Q - Mais l’impact du gaz de schiste est principalement un impact environnemental, c’est pour cela que c’est le Commissaire à l’environnement qui s’en occupe…

L’impact du gaz de schiste sur l’économie européenne est énorme, bien au-delà du seul environnement. Il faut prendre ces deux considérations sur un pied d’égalité, notamment en cette période très difficile pour l’Europe. C’est une question cruciale. Regardez l’avantage compétitif des États-Unis grâce au gaz de schiste, qui sont redevenus quasiment indépendants des importations et qui créent des emplois et de la croissance. Si nous n’explorons pas les sources de richesses de l’Europe, que ferons-nous ? L’économie verte, ça ne suffit pas pour le Continent. 
L’Europe peut devenir leader dans le développement du gaz de schiste propre, bon pour l’environnement et rentable pour le bien-être de ses citoyens. C’est un défi, mais nous pouvons le relever. Nous devons être audacieux et prudents à la fois.

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