Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole

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ECOLOGIE DE LA TRANSITION ENERGETIQUE/ ECONOMIE DE LA TRANSITION ECOLOGIQUE

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Causerie de Gérard Medaisko prononcée lors de l'Assemblée Générale de l'Amicale le 22 juin 2013 :

Bonjour à tous. Je m’appelle Gérard Medaisko et je suis Géologue-conseil. Je vais essayer de vous parler de l’écologie de la transition énergétique et de l’économie de la transition écologique en espérant ne pas vous endormir. En réalité, je vais tout simplement vous entretenir, à  nouveau, des huiles et gaz de schiste tant décriés, sans rimes ni raison et qui sont devenus le symbole d’un clivage idéologique majeur opposant deux modèles de développement qu’il semble bien difficile de réconcilier. C’est une nouvelle version du combat des Anciens contre les Modernes.

Bien malin celui qui peut dire de quoi demain sera fait. Contrairement à notre Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE), termes antinomiques s’il en est, je n’ai pas de boule de cristal pour prédire la nature du bouquet énergétique à l’horizon 2025, encore moins à l’horizon 2050.

On ne manquera pas de remarquer que, par définition, l’horizon est une ligne virtuelle qui recule au fur et à mesure que l’on avance ! Bruxelles nous a donné deux années de répit pour réduire notre déficit et commencer à rembourser notre dette à l’horizon 2015, ce dont je doute fort, mais Dieu le Père devra nous en accorder bien davantage pour que nous puissions  transformer ce bouquet en une véritable gerbe… à moins que ce ne soit une couronne !

La transition énergétique est un concept franco-français avant tout, car nous sommes à peu près les seuls au monde à en parler. A la manière de Monsieur Jourdain, l’Humanité la vit depuis des siècles, en fait depuis que Prométhée déroba le feu du ciel  pour le transmettre aux hommes.. Nous sommes ainsi passés, sans transition si j’ose dire, du bois au charbon de bois,  de la tourbe à la houille, puis au pétrole, au gaz, au nucléaire sous toutes ses formes bien que la fusion soit encore en filigranes et nous abordons maintenant le chapitre des énergies renouvelables en ayant stupidement fait l’impasse, en France tout au moins, sur les hydrocarbures dits de schiste comme nous la ferons, je n’en doute pas, sur les clathrates de méthane lesquels, comme la femme, sont l’avenir de l’homme.

Si l’on avait dit à l’Américain moyen, voici dix ans, que l’Amérique concurrencerait un jour l’Arabie Saoudite en produisant 12 millions de barils d’huile par jour, il aurait éclaté de rire. Et pourtant, cela devrait se réaliser aux alentours des années 2020 grâce aux huiles de schiste.

Mais cette transition n’est pas celle dont rêvent nos écologistes ainsi que les pouvoirs publics qu’ils ont infiltrés. Ils ont à l’esprit une transition vers une économie sobre en énergie, dans le droit fil du Traité de Rome qui, le 1er janvier 1958, préconisait en quelque sorte l’abstinence. Qui plus est, Madame Batho la veut décarbonée et  moins polluante (sic) or, les spécialistes que nous sommes devenus à l’AFMP, après une vie  passée au contact de l’or noir dans des fonctions diverses, savent qu’à l’horizon 2030-2050 (en espérant qu’il reculera) les hydrocarbures fossiles entreront encore pour 70 à 75% dans la composition du bouquet énergétique. La recherche et la production de ces hydrocarbures ne coûte rien aux contribuables que nous sommes puisqu’elles sont payées par les sociétés exploitantes.

De récents sondages effectués dans le Midi Libre et le Figaro notamment indiquent que 74 à 76% des Français consultés sont en faveur de la recherche et de l’exploitation des gaz et huiles de schiste. Leur mise en production nous permettra d’attendre que l’hydrogène soit enfin domestiqué car je considère l’hydrogène comme le carburant de l’avenir.

La vie nous a appris que seule une énergie abondante et à bas prix est le principal moteur de la croissance mais, en France, nos élus ne l’ont pas encore compris. La Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), devenue depuis peu la Taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE) au cas où les renouvelables mettraient sur le marché une énergie qui cesserait d’être virtuelle, est là pour en témoigner : Que nous produisions demain des hydrocarbures MADE IN FRANCE, provenant de schistes (qui ne sont pas des schistes mais des pélites, c’est-à-dire des boues séchées), la TICPE se chargera de nous les livrer à la pompe au même prix que le pétrole que nous importons des pays d’Afrique et du Moyen Orient.

NOUS à l’AFMP, nous savons que le pétrole n’est pas polluant quand il est produit par des gens qualifiés (comme nous il va sans dire). Une fois détecté dans la couche productrice, il jaillit ou il est pompé, c’est selon et passe ensuite dans des tubes, des tuyaux et des flexibles pour finalement atterrir dans le réservoir de votre automobile sans que personne ne l’ait jamais vu à moins que vous ne soyez maladroits et laissiez tomber quelques gouttes sur vos pieds. Macondo est l’une des exceptions qui confirme la règle.

N’oublions pas non plus que le pétrole est à la base de nombreux détachants et qu’il a même été utilisé comme médicament, mais nous ne savons rien toutefois du sort des patients qui ont été traités par ce pétrole…lampant.

Les écologistes veulent faire de l’environnement un élément clé de la transition énergétique. Pour le préserver, ils n’hésitent pas à rencarder les énergies fossiles et l’atome pour instaurer un nouveau système reposant uniquement sur les énergies renouvelables qui, pour l’instant, sont loin d’être fiables (J’invite celui ou celle d’entre vous qui a des dispositions musicales à composer un nouveau tube sur l’air de « comme la plume au vent, souvent flamme varie).

Peu importe le coût de ce projet puisque de toute façon nous n’avons pas les centaines de milliards d’euros qu’il faudrait investir pour le réaliser. Il n’est pas réaliste de vouloir remplacer notre mode de production d’électricité actuel par les énergies renouvelables. Les éoliennes sont un mythe coûteux car elles ne fonctionnent, dans les pays exposés aux vents, que 20 à 30% du temps. Le solaire quant à lui se limite à 10-15% sauf en Normandie et dans les pays nordiques où le jour s’apparente à la nuit. Quant aux carburants verts, les agro- carburants, ils reviennent très chers à produire quoiqu’on en dise et nécessitent d’énormes quantités d’eau sans commune mesure avec les quantités requises par la fissuration hydraulique. Quant à leur bilan carbone mieux vaut ne pas en parler car il est bien plus élevé que le MEDDE ne le pense.

J’ai assisté à plusieurs séminaires sur le sujet mais le sabir des économistes n’est pas à ma portée. J’ai entendu parler de macroéconomie, d’économies sectorielles, de sciences de toutes sortes dont celles du vivant et celles de l’Univers mais je n’avais personne pour me traduire ce vocable.

MOI GEOLOGUE-CONSEIL, je parle de forage, de géologie, de géophysique, de géothermie, d’essais de couches, d’essais de production et de logs électriques. Dans les meilleurs des cas, je m’aventure à parler de tonnes métriques, parfois de barils ou de pieds cubes et plus rarement de kilowatts et de kilowatts/heures auxquels je ne comprends pas grand chose. Enfin, lorsque je passe à la pompe je parlais de gallons dans ma jeunesse car j’avais de grosses cylindrées mais j’en suis maintenant réduit à parler en litres puisqu’on ne peut pas acheter moins de cinq litres à la fois.

Le 25 mai 2013, le gouvernement avait organisé une journée citoyenne pour débattre de la transition énergétique. Une fois encore, tous ceux qui n’avaient rien à dire ont pris la parole. A nouveau, le CO2 a cristallisé toutes les attentions et sa séquestration réclamée à grands cris alors qu’elle engendre des mini séismes d’amplitudes très réduites dont on aimerait bien se passer néanmoins. L’Europe produit environ 10% des émissions de CO2 de la planète et la France 1%, mais nous sommes pratiquement les seuls à nous pénaliser et à nous astreindre à des dépenses inutiles en voulant réduire de 20% à l’horizon 2020 notre quote-part d’émission ,car 20% de 1% représentent 0,20% mais coûte cependant très cher à notre économie vacillante en terme d’emplois et de niveau de vie des ménages. A noter que sans le recours du CO2 la température de notre planète ne dépasserait guère 15°C. Ne le séquestrons pas mais utilisons le pour extirper le méthane des clathrates, c’est-à-dire des hydrates de méthane gazeux, par exemple. On peut aussi en faire de l’eau de Seltz !!!

Cette rage à vouloir détruire le milieu environnemental qui nous est familier, pour le remplacer par un système qui n’a pas encore fait ses preuves, me fait songer à cet auteur espagnol pour qui l’Europe de notre enfance est morte à Auschwitz : cette Europe de tradition judéo-chrétienne que le clan au pouvoir cherche à remplacer par une Europe, voilée de pieds en cap, qui adorera un autre dieu que le notre et risque fort d’y parvenir…à « l’horizon » 2040, mais cette fois, je crains que l’horizon ne soit pas virtuel et qu’il ne reculera pas. Inch Allah !

En un mot comme en cent, vous avez compris qu’à mes yeux, la transition énergétique, dont notre Ministre de tutelle nous rebat les oreilles, n’est qu’un débat idéologique, inutile et coûteux qui va faire grossir impunément les factures d’électricité des industriels et des particuliers, dont près d’un million de foyers connaissent déjà une précarité énergétique.

A la manière d’Emile Zola, j’accuse la titulaire du MEDDE, parmi d’autres, d’avoir fait de notre industrie, une industrie sinistrée. Puisse la justice des hommes les juger pour leur comportement indigne de notre pays cartésien lorsque justice juste elle redeviendra.

Je vous remercie.

Gérard Medaisko  
Tel  +33 (0)6 07 73 02 85
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Blog :http://legeoloblog.wordpress.com

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