Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole

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LA FIN DE LACQ ET LE GAZ DE SCHISTE

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TOTAL vient d’annoncer la fin de la production du champ de gaz de Lacq.

Ce champ fut découvert en 1951, époque heureuse où le principe de précaution n’était pas gravé dans la Constitution, où EELV n’existait pas et où l’on faisait encore confiance aux ingénieurs.

Hommage soit en effet rendu aux brillants dirigeants-ingénieurs de la SNPA qui, contre vents et marées, ont pris la décision de mettre en production un gisement qui posait de nombreux problèmes techniques pour lesquels les solutions étaient à inventer.

Le gisement fut mis en production en 1957. Une centaine de puits ont été forés, profonds de 3500 m environ, dans un milieu peuplé de petits exploitants agricoles. Certains puits, sur les petits champs annexes rattachés à Lacq, ont été forés dans la proche banlieue habitée de Pau. Quelques nuisances classiques en ont résulté, mais elles ont été passagères et elles n’ont en rien dévalorisé le territoire.

Pendant  62 ans en effet, les vaches ont continué à paître paisiblement et le maïs à pousser généreusement sur ces terres fertiles. L’eau du gave de Pau qui passe à proximité n’a jamais été polluée, pas plus que les nappes phréatiques. De nombreuses petites secousses sismiques ont été enregistrées, mais très rarement ressenties dans cette région qui subit parfois des secousses beaucoup plus sérieuses dues à la confrontation des plaques tectoniques.

Grâce à Lacq, une ville nouvelle, Mourenx, est sortie de terre : elle compte aujourd’hui 10 000 habitants.

Grâce à Lacq des milliers d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs ont convergé vers le Béarn, assurant un essor démographique et économique à une région plutôt défavorisée.

Grâce à Lacq l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) a vu le jour : elle compte aujourd’hui 12 000 étudiants.

Grâce à Lacq la ville de Pau est devenue une capitale pétrolière connue du monde entier. De Pau sont pilotées techniquement toutes les opérations du groupe TOTAL : le Centre Scientifique et Technique Jean-Féger (l’un des découvreurs de Lacq) emploie plus de 2 500 personnes. Pau est devenue une capitale européenne des géosciences.

En concertation avec les édiles locaux, TOTAL a déconnecté du réseau le potentiel restant de la production pour assurer la reconversion du bassin d’activités sur plusieurs années. La fin du gisement n’est pas marquée par l’effondrement économique de toute une région comme cela a pu se passer en Lorraine.

Osons la comparaison avec le gaz de schiste !

Le contexte aujourd’hui est certes différent, le principe de précaution est appliqué à tort et à travers, les Khmers verts répandent la peur, on se méfie des industriels (assoiffés de profit) et des ingénieurs (apprentis sorciers).

Les gaz de schistes (essentiellement du méthane) ne présentent absolument pas la dangerosité du gaz de Lacq de par sa pression double de la normale et sa concentration mortelle en hydrogène sulfuré. Ils sont directement le gaz que tout un chacun utilise pour se chauffer ou faire la cuisine.

Les foreurs ont perfectionné les techniques déjà efficaces de cimentation des tubages, avec des ciments de haute performance réglementés et obligatoires en France. Les risques de migrations et fuites de fluides sont totalement maîtrisés, et aucune nappe phréatique n’a été contaminée par les plus de 6 000 forages pétroliers réalisés en France en un demi siècle, qu’ils soient de production ou de stockage stratégique et régulateur des consommations.

A Lacq on a expérimenté la technique du forage horizontal qui permet aujourd’hui à partir d’une seule plateforme, à terre comme en mer, de forer une grande quantité de puits et donc d’éviter le « mitage du territoire » qui préoccupent tant les écologistes (on sait aujourd’hui forer des sections horizontales de 10 km).

Techniquement avec le gaz de schiste, contrairement à Lacq où tout était à inventer, on est dans le domaine du parfaitement connu. La technique si décriée de la fracturation hydraulique (déjà un peu utilisée à Lacq avec de l’acide) est maîtrisée par des opérateurs compétents qui ne cessent de l’améliorer.

A l’époque on avait compris que l’indépendance énergétique, même partielle, était importante et méritait de supporter quelques désagréments. Aujourd’hui on manifeste, de manière agressive et parfois violente (voir l’attaque récente, selon un mode paramilitaire, d’un chantier de forage en région parisienne) au nom du « pas de ça chez nous », par crainte de risques supposés qui ont été savamment instillés dans les esprits par quelques personnalités médiatiques.

La fin de Lacq correspond malheureusement à la fin d’une société volontariste et solidaire qui n’avait pas peur de prendre des risques mûrement réfléchis. Le délabrement économique de notre pays en est un des témoins.

Jacques Sallibartant                                                             Jean-Claude Rémondet

Président                                                                               Vice-président

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