Ainsi, ce dernier écrit[89] : « N'est-il pas possible que la science telle que nous la connaissons aujourd'hui, ou la « recherche de la vérité » dans le style philosophique traditionnel, engendre un monstre à l'avenir ? [73]. Il faut que le discours ne soit pas sur l’existence mais dans l’existence, et c’est à cette seule condition qu’il peut devenir une vraie parole. Ce texte affirme qu’il n’est pas possible de constituer un système de l’existence, l’existence étant en perpétuel changement. Il voulait plutôt que le lecteur trouve par lui-même des manières de l'interpréter. Bien que devenue madame Schlegel, elle reste pour la postérité la fiancée de Kierkegaard. On a peur « de quelque chose », mais on n'angoisse pas « de quelque chose ». Parmi les idées clés de Kierkegaard figurent le concept de vérités subjectives et objectives, le souvenir et la répétition, l'angoisse, la distinction qualitative infinie, la foi comme passion, les trois étapes de la vie. Au début du XXIe siècle, Charles K. Bellinger, à propos de la psychologie des foules et de la violence, propose un rapprochement entre Kierkegaard et René Girard[87]. Jon Stewart indique que « La tradition intellectuelle française s'accorde bien avec le profil éclectique de Kierkegaard puisque ses figures de proue sont souvent difficiles à classer sans ambiguïté comme philosophes, théologiens, critiques littéraires ou simplement écrivains. La foi est une décision subjective de l'individu par laquelle il s'engage à adhérer à ce en quoi il croit, malgré l'incertitude objective. Les premiers travaux de Kierkegaard ont été publiés sous différents pseudonymes qu'il utilisait pour présenter des points de vue différents. La pensée de Kierkegaard a été très influente pour de nombreuses générations de philosophes français jusqu'à nos jours. La maladie à la mort : guérir du désespoir : un exposé psychologique chrétien pour l'édification et le réveil / Kierkegaard. De surcroît, l'homme ne peut choisir seul sa propre vérité et ne peut la trouver par lui-même ; elle ne peut qu’être suggèrée de l’extérieur par l'expression indirecte de Quelqu’un qui incarne cette vérité, le Christ. Kierkegaard : "La Maladie à la mort" (un exposé psychologique chrétien pour l'édification et le réveil) ... de penser à la mort et de dire qu'il a beau accumuler les plaisirs, qu'ils fondent les uns après les autres comme neige au soleil. Par ailleurs, ce dernier fut condamné à une amende de 100 rixdales[41]. 2009), joint Kierkegaard aux Pères de l'Église dans ses influences pour repenser le désir dans l'optique d'une métaphysique chrétienne. Paris - 2010 . L'auteur, après avoir soutenu que les dangers du développement des techniques au XIXe et XXe siècle n'avaient pas été compris des penseurs de l'époque, ajoute : « Il est vrai qu'au milieu du XIXe siècle une autre voix avait fait entendre un avertissement prophétique contre la technique alors que celle-ci était à peine éclose. La Maladie à la mort, également connu sous le titre du Traité du désespoir, est une oeuvre de Søren Kierkegaard (1813-1855), philosophe Danois et père de l'existentialisme. Remarque : la Garantie client eBay s'applique lorsque les paiements sont effectués avec PayPal ou par carte bancaire. Cependant, il ya des théories contradictoires . En effet, la religion, l'institution ecclésiastique, la communauté des croyants, forment ce que Kierkegaard appelle la chrétienté, et représentent l'hypocrisie (aller au sermon pour bien se faire voir de la société) et la répression de l'individualité, laquelle s'épanouit au contraire dans le christianisme comme foi vécue, pleine d'apprentissages intérieurs, le « devenir-chrétien ». ». Cependant il n'était pas certain d'avoir été entendu ou compris, étant donné que la presse n'avait que peu commenté ses publications ; il contacta donc Le Corsaire, ce qui déclencha la polémique avec ce journal satirique. Le vicaire général Tryde exigea et obtint des excuses de la part de H. Lund. Dans son premier article de journal, il explique que jusque-là il ne pouvait pas parler de ses réserves envers l'Église et Mynster à cause de l’amitié de son père avec cet évêque. Alors que Vilhelm l’éthicien avait défendu le projet existentiel de « se conquérir soi-même » en assumant sa propre vie, Kierkegaard va montrer ensuite le caractère problématique de ce choix. À moins que cette individualité ne reconnaisse un « pouvoir qui l'a constitué », il tombe dans un désespoir qui défait son moi. C’est pourquoi Kierkegaard ne fait en aucun cas œuvre d’apologiste. Kierkegaard dans son Post-scriptum définitif et non scientifique aux miettes philosophiques écrit que « la subjectivité est vérité » et que « la vérité est subjectivité ». Les principaux pseudonymes de Kierkegaard, dans l'ordre chronologique : La philosophie existentielle de Kierkegaard s’attache particulièrement au thème des « stades sur le chemin de la vie »[61]. Published by Robert Laffont, 1993. Ce virage se constate de manière évidente dans nombre des écrits publiés entre 1847 et 1851[30], [31]et dans son La foule c'est le mensonge[32],[33]. C’est une étape en direction d’une pleine liberté personnelle. Ce que nous ne pouvons pas faire, selon Kierkegaard, c'est croire en vertu de la raison. Découvrez sur decitre.fr La Maladie à la mort - [Guérir du désespoir] Un exposé psychologique chrétien pour l'édification et le réveil par Sören Kierkegaard - Collection Les Intégrales de Philo - Librairie Decitre Ils font cependant apparaître deux conceptions du monde ou « stades », l’esthétique et l’éthique. From medimops (Berlin, Germany) Seller Rating: Available From More Booksellers. L’église était remplie, et de nombreuses personnes assistaient également à l’office depuis la rue. Certains achats spécifiques ne sont pas couverts par cette garantie. C'est de cette répétition que dépend l'identité même de l'individu, car l'individu « est dans une relation qui se rapporte à lui-même » . Heidegger dira que l'angoisse met en branle l'ensemble de l'être, et nous fait apercevoir le néant[72],[29]. Au début de son combat, Kierkegaard s'exprime directement : Mynster n’était pas un témoin de la vérité, mais « faible et avide de jouissances ». Kierkegaard souhaite ainsi restaurer un luthéranisme pur et originel où la foi est le centre et a la priorité sur les œuvres ; il parle par ailleurs longuement de la notion de « scandale », d'inspiration biblique[50], qu'il couple avec la notion de paradoxe[51]. « N'est-il pas possible, demande Kierkegaard, que mon activité d'observateur objectif [ou critico-rationnel] de la nature affaiblisse ma qualité d'être humain ? Martensen désigne le défunt évêque luthérien J.P. Mynster comme « un témoin de la vérité », au cours de son enterrement[38]. La vie la plus authentique se trouve dans un recueillement qui exclut toute dispersion au sens où l’individu ne peut se découvrir qu’en opérant un mouvement d’intériorisation. Il en va de même pour Jugez vous-mêmes !, qui ne fut imprimé qu’en 1876. L’éthique signifie la connaissance du bien et du mal, et l’éthicien a le courage de choisir ce qui lui semble juste. L'angoisse est indéterminée, elle met en branle l'ensemble de l'existence. Pour lui un des principaux facteurs de l’oubli d’exister se trouve dans un excès de savoir : celui qui prêche des heures durant sur la question de la mort sans en ressentir crainte et tremblement reste extérieur à sa propre existence. C'est pour cela que Kierkegaard déclare que « l'instant de la décision est une folie »[65] : on ne peut jamais prévoir les ultimes conséquences de notre saut dans l'existence. Heidegger dira d'ailleurs : « Mon compagnon de route dans la recherche fut le jeune Martin Luther et mon modèle Aristote, que le premier détestait. Les écrits de cette période approfondissent de plus en plus, dans trois sections différentes, la situation du chrétien dans le monde et face à Dieu ; la troisième section, L'évangile des souffrances, contient plusieurs méditations sur le sens de la souffrance pour le chrétien. Le philosophe royaliste et catholique Pierre Boutang, dans l’Apocalypse du désir (1979, rééd. L'anxiété est une émotion à double face : d'un côté, le terrible fardeau de choisir pour l'éternité ; de l'autre, l'exaltation de la liberté dans le choix de soi. La campagne du Corsaire compromit également sa relation avec le « tout venant », et ceci provoqua chez lui un changement radical de sa conception personnelle au sujet de la souffrance, du martyre et de la sequela Christi, qui devinrent pour lui le marqueur propre du véritable christianisme. L'anxiété ou la peur c'est-à-dire l'angoisse est le pressentiment de cette terrible responsabilité lorsque l'individu se trouve au seuil d'un choix existentiel capital. La spéculation à outrance devient distraction et nous déconnecte de l’existence tandis que la réduplication est une attitude qui consiste à incarner la vérité. La deuxième partie de Ou bien… ou bien contient des lettres adressées par l’éthicien, l’assesseur Vilhelm, à A. Il montre que l’important est de se choisir soi-même dans sa valeur éternelle, mais aussi que la pureté de l’éternité et la trivialité de l’existence doivent s’unir de manière harmonieuse. Auteur prolifique, plus de 30 volumes sont publiés de son vivant[99], et nombre d'entre eux sont dédiés à son père Michael Pedersen Kierkegaard ou à Régine Olsen. Cette personne ne se connaît pas elle-même et vit donc dans un conformisme indifférent et dans des habitudes vides. Ou bien… ou bien, œuvre considérée comme majeure[13], et publiée sous le pseudonyme de Victor Emerita, (l’ « ermite victorieux »), comprend des essais de critique littéraire et musicale et un ensemble d'aphorismes. A peu près au même moment, les nouvelles victimes de ses attaques sont les « 1000 prêtres avec leur famille ». Le jeune Kierkegaard lit la philosophie de Christian Wolff, il préfère cependant les comédies de Ludvig Holberg, les écrits de Johann Georg Hamann, Gotthold Ephraim Lessing, Edward Young et Platon, surtout quand il parle de Socrate. Une collection complète ? Ce stade est le moment authentique et responsable par lequel la personne entre dans l’existence et cesse de renier son moi. Au milieu du XXe siècle, sa pensée a exercé une influence considérable sur la philosophie, la théologie et la culture occidentale. Climacus met aussi l’accent sur le fait que l’accès à la vérité ne se réduit pas à un simple processus rationnel. » Je soupçonne que la réponse à quelques-unes de ces questions soit affirmative, et je crois qu'une réforme des sciences qui les rende plus anarchistes et plus subjectives (au sens de Kierkegaard) est urgente et nécessaire. Kierkegaard incite son lecteur à mettre en question l’authenticité de sa vie. Socrate feignait de ne rien savoir, et critiquait tous ceux qui prétendaient détenir un savoir, notamment les sophistes. La Maladie à la mort est considéré comme une des premières recherches sur ce qui sera appelé la psychologie des profondeurs)[35]. Emphatiquement dans La Maladie à la mort (traduction littérale du livre qu'on a appelé parfois en France le Traité du désespoir) mais également dans Crainte et tremblement, Kierkegaard expose que les hommes sont composés de trois parties : le fini, l'infini, et la relation entre les deux qui crée une synthèse. Enfin, le stade religieux est traité dans la description d’un conflit psychologique faisant suite à des fiançailles rompues, lequel est ensuite analysé en détail par un nouveau pseudonyme, Frater Taciturnus [26]. Michel Houdiard, Importante bibliographie en français de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Contexte S'il exerce au XIXe siècle, Kierkegaard (1813-1855) s'éloigne des universitaires austères de son époque pour adopter une philosophie plus proche des Encyclopédistes du XVIIIe siècle. NATHAN. Henrik Lund, un neveu de Kierkegaard, prit la parole après l’inhumation. Mais le choix de la foi n'est pas fait une fois pour toutes. Dans le même temps, les prêtres deviennent « les 1000 menteurs », puis en septembre des « anthropophages, et de la plus détestable manière. À la suite de Hegel, il conçoit l'ironie socratique comme la faculté de négation universelle et illimitée. Il écrit ainsi des Discours édifiants (1843-1847), rédigés dans un style personnel s'adressant à la singularité de l'auditeur. 2014-11-13. Le 18 décembre 1854, Kierkegaard écrit dans un article du journal Fædrelandet : « L’évêque Mynster était-il un témoin de la vérité, l’un des véritables témoins de la vérité – ceci est-il la vérité ? « Être soi » devient le défi existentiel par excellence, celui qui consiste à se tenir au seuil d'une infinité de possibilités et, dans un « saut » fondateur, à assumer jusqu'au bout tous les risques d'une décision[29]. Deux détenus californiens condamnés à mort, dont un condamné pour avoir tué deux enfants, sont décédés de ce qui semble être des complications de la maladie à coronavirus COVID-19, ont déclaré des responsables de l’État. Ces publications simultanées incarnent des perspectives étonnamment contrastées. La foi requiert un saut dans l’inconnu[47], autrement dit une adhésion au mystère du Christ, et ce à l’encontre même de la raison. Il ne s’agit pas avant tout de chercher ce qu’est le monde, Dieu, ou encore le christianisme, mais de comprendre comment je peux faire de ma vie une expression de la vérité. Le type de christianisme qui sous-tend ses écrits est une forme très sérieuse de Luthéranisme qui s'appuie sur les valeurs sombres de souffrance et de responsabilité individuelle. Puis il part pour Berlin où, de novembre 1841 à février 1842, il suit les cours de Schelling, qui le déçoivent. On trouve aussi une réinterprétation de sa conception de la subjectivité par le philosophe des sciences américain Paul Feyerabend. À l’accumulation d’un savoir érudit et professoral, il préfère une pensée centrée sur les seules questions qui peuvent transformer la vie d’un homme. La vérité c’est l’authenticité de ma vie et non un discours vrai sur l’existence. Car, explique l’auteur, « le chrétien est seul à savoir ce qu’est la maladie mortelle. J. Ellul, La technique ou l'enjeu du siècle,  Armand Colin, Paris, 1954 (Economica, 2008), Post-scriptum définitif et non scientifique aux miettes philosophiques, Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale, Exposition Kierkegaard 1998 - Bibliothèque Sainte-Geneviève, Søren Kierkegaards Skrifter, œuvres complètes de Kierkegaard en ligne (en danois), Le Monde des religions, Søren Kierkegaard, article de Henri de Monvallier, le 21/12/2011, Le Grand Livre des philosophes: Clefs d'accès aux œuvres classiques, par Robert Zimmer, 2012, Article de Francis Wybrands pour Universalis, Francis Wybrands, « Crainte et Tremblement , Soren Kierkegaard » in Encyclopædia Universalis, «La Reprise (et non la Répétition, comme l'ont voulu, à tort, des traductions moins littérales)», Kierkegaard and the book of Job, Theodicy or Doxology, Cairn.info, Kierkegaard : de l'angoisse d'exister, par Louisa Yousfi in Sciences Humaines 2014/2 (N° 256), page 33, Revue d'éthique et de théologie morale : le Supplément, Cerf (Paris), 2003-06, Revue d'histoire littéraire de la France, Société d'histoire littéraire de la France, Armand Colin (Paris), PUF (Paris), Classiques Garnier (Paris), 1999-05, André Clair, Pseudonymie et paradoxe.