Les évêques des quatre départements révoltés émigreront. En mai, Charette reçoit à Belleville le marquis de Rivière, aide de camp du comte d'Artois, frère de Louis XVI, qui l'informe de l'imminence d'un débarquement royaliste en Bretagne avec l'aide de l'Angleterre et qui lui demande de faire diversion pour faciliter cette opération[246]. Enfin, à partir de janvier 1794, une troisième vague mêlant Bleus et Blancs, fuit les colonnes infernales[322]. Il explique, à la suite de Franck Chalk et de M. Prince[395] que « sans l'intention idéologique appliquée à un groupe bien délimité, la notion de génocide n'a pas de sens. À la mi-février, avec l'accord de Hoche, des tractations sont menées avec Charette pour lui proposer de quitter la France[297],[272]. Il est possible que ce bilan puisse dériver du mémoire rédigé quelques semaines auparavant par le conventionnel Lequinio[328]. Restés sur la rive sud de la Loire, les Vendéens la franchissent puis hésitent : doivent-ils prendre Tours pour marcher sur Paris, ou assurer leurs arrières en prenant Angers puis Nantes ? Il y est attaqué le 30 avril par un détachement nantais, mais il repousse l'assaut[95]. La commission Vaugeois siège à Rennes et à Vitré, elle prononce 84 condamnations à mort, 33 aux fers, 31 à la détention et 391 acquittements. Le premier bilan humain de la guerre de Vendée est donné le 1er décembre 1794 devant le Comité de Salut public par neuf conventionnels représentant trois des départements impliqués dans la révolte, qui assurent qu'une population de 400 000 personnes a été anéantie[327]. Bilan Médiateur Espace La guerre de Vendée, galerie d’art 1h Objectif : découvrir Le Chemin de la Mémoire. Selon Jacques Hussenet, c'est la première étude sérieuse et raisonnée sur la bilan humain de la guerre de Vendée. À cette époque, rien ne laissait présager une telle révolte de la part des vendéens. Le 22 août, une flotte de 123 navires sous les ordres du commodore Warren sort de Portsmouth[263] avec à son bord 5 000 soldats britanniques[264] commandés par le général Doyle[263] et 800 émigrés[264] emmenés par le comte d'Artois[263]. » paru dans la revue Historia[409]. Le 13 juillet, il annonce que « les troubles de l'Ouest sont terminés »[308]. Avec d'autres pamphlétaires, Babeuf reprend les accusations du journal La Feuille nantaise qui, dans son numéro du 5 brumaire an III, accuse l’Incorruptible d'avoir voulu « dépopuler » le pays[351]. Charlie Dalin dans la tempête : « C’est un peu la guerre » Le leader Charlie Dalin est sorti mercredi matin d’une dépression particulièrement violente, « la pire tempête à affronter depuis le départ » résumait le skipper d’Apivia. Progressivement des structures militaires se mettent en place[63]. ». Les défenses républicains s'appuient quant à elles sur plusieurs villes situées autour de la Vendée militaire : les principales sont Nantes et Angers au nord, Saumur, Thouars et Parthenay à l'est, et Les Sables-d'Olonne, Luçon et Fontenay-le-Comte au sud. Les Vendéens rejoignent les Chouans ou adoptent leur méthode. Vendée Globe. Si les Vendéens réclament le retour de la monarchie, la volonté de rétablir l'Ancien Régime est moins la cause première de l'insurrection que la conséquence de multiples facteurs. Le 17 mars à Paris, la Convention nationale est informée des soulèvements qui agitent la Bretagne, l'Anjou, le Bas-Maine et le Poitou. Plus grave, en janvier 1791 dans la commune de Saint-Christophe-du-Ligneron (au sud de Nantes, près de Machecoul), des conflits se développent autour de l'opposition à la constitution civile du clergé, et l'intervention des gardes nationales chargées du maintien de l'ordre provoque les premiers morts de la Vendée ; mais le conflit ne dégénère pas[21]. L'armée républicaine d'Angleterre, placée sous le commandement du général Michaud ne compte alors que 16 000 soldats dans tout l'ouest. Ils viennent des villes et des petits bourgs pour plus de la moitié. La conscription de 300 000 hommes, décidée par la Convention le 24 février 1793, achève d'exaspérer les paysans : ceux-ci prennent alors les armes. La Révolution n'a pas su satisfaire les espérances engendrées par la convocation des états généraux en 1789 : les métayers, majoritaires en Vendée, ne bénéficient pas de l’abolition des droits féodaux, qui sont rachetables (jusqu'en 1793), les biens nationaux profitent essentiellement aux bourgeois et aux marchands. Il a servi de refuge en 1794 à la population qui souhaitait échapper aux « colonnes infernales ». Le 29 août 1795, le Comité de salut public nomme Lazare Hoche à la tête de l'Armée de l'Ouest, en remplacement du général Canclaux, qui a cédé son commandement pour cause de maladie[273]. Les dates-clés Alors qu'au nord de la Loire l'insurrection contre la levée en masse est matée dès mars 1793, au sud du fleuve les insurgés prennent l'avantage sur les troupes républicaines et s'organisent en « armée catholique et royale » à l'intérieur du territoire qu'ils contrôlent ; ces guerres opposent deux armées encadrées. - Du nouveau sur "Noms de Vendée": Les mariages désormais tous indexés jusqu’en 1919- Paul, Marguerite, Ginette, François, Dominique et les autres… Le quotidien et les vacances de la famille Cros-Delabre, de l’Ile-de-France à la Bourgogne, et des plages du Pas-de … Le 13 mars, ils prennent sans combattre Challans[47], Les Herbiers, Mortagne-sur-Sèvre, puis s'emparent de Montaigu après un bref affrontement[33],[46]. Il tente de s'emparer de Saint-Fulgent le 9 janvier, mais il est battu à deux reprises par l'adjudant-général Joba. Mais à Paris le 4 septembre 1797, trois des cinq Directeurs, Reubell, La Révellière-Lépeaux et Barras organisent un coup d'État soutenu par l'armée commandée par Hoche et Augereau. Après une halte aux îles d'Houat et de Hœdic[265], elle arrive le 23 septembre en vue de l'île de Noirmoutier, où elle songe à débarquer[266]. Progressivement désignés par le nom de « Vendéens », les insurgés établissent en avril une « Armée catholique et royale » qui remporte une succession de victoires au printemps et à l'été 1793. Il prévoit initialement de former trois colonnes de 6 000 hommes commandés par lui-même, Grouchy et Canuel[282]. Le 15 janvier, l'adjudant-général Travot lui inflige une nouvelle défaite à La Créancière, près de Dompierre[288]. Le 8 octobre, l'expédition est abandonnée et le gros de la flotte repend la route de la Grande-Bretagne, ne laissant derrière que 13 navires à L'Île-d'Yeu[269]. En mai 1791, l'Assemblée constituante prend un décret sur la liberté des cultes autorisant le culte réfractaire, mais cette tolérance ne satisfait aucun camp, et les positions se durcissent. En 1944, il traduit le terme polonais en anglais par « genocide » (génocide), mot hybride composé de la racine grecque « genos », qui signifie race ou tribu, et du suffixe latin « cide » (de « caedere », qui signifie tuer)[342]. Si certains de ses acteurs rejoindront la chouannerie, il ne faut pas confondre les Chouans (essentiellement bretons), agissant sous forme de guérilla, et les insurgés vendéens avançant de villes en villes en colonnes armées. Charette et Sapinaud marchent ensuite sur Machecoul, mais le 10 février, à Saint-Colombin, ils se heurent à la colonne de Duquesnoy qui les met en déroute. Une deuxième vague de réfugiés a lieu d’août 1793 à janvier 1794. À l'autre bout de la Vendée, dans le Bas-Poitou et le Pays de Retz, les combats tournent également en défaveur des républicains malgré quelques succès initiaux. Le 8, il prend La Mothe-Achard, quartier général de Joly, puis entre le 9 à Saint-Gilles-Croix-de-Vie sans rencontrer de résistance[71]. Dumas passe alors à l'Armée des côtes de Brest et Canclaux est rappelé à la tête de l'Armée de l'Ouest[222]. Arrivé début avril à Angers, Berruyer divise ses troupes en trois corps. En face, l'armée d'Anjou ne peut rassembler que 3 000 combattants[239]. Angers, Saumur, Thouars et Fontenay-le-Comte sont progressivement abandonnées et reprises sans combat par les patriotes[65]. Découverte des lieux à l’aide d’un document. En juin, les effectifs de l'Armée de l'Ouest ne sont plus que de 50 000 hommes, contre 100 000 en janvier[211]. L'épisode principal de la guerre de Vendée s'étend de mars 1793 à mars 1796, toutefois, la région sera parcourue de spasmes insurrectionnels jusqu'en 1832. Le lendemain, les forces réunies de Charette et Joly contre-attaquent pour reprendre la ville mais sont repoussées[71]. Dans la Sarthe, des commissions militaires et le tribunal criminel siègent à Sablé-sur-Sarthe, où 42 personnes sont exécutées, et au Mans, où 185 personnes sont guillotinées ou fusillées[140]. Les volontés délibérées d'extermination des populations vendéennes par les autorités républicaines, tout comme le caractère génocidaire des massacres commis par les agents qui exécutaient leurs ordres, font l'objet de contestations importantes. Ceci contribue à diviser profondément les Vendéens entre partisans et adversaires de la mesure et à développer un certain mécontentement parmi les communautés paysannes qui, de plus, ne perçoivent pas d'amélioration de leur situation depuis la Révolution. Pierre Contât, «Le comité révolutionnaire de Saumur», ABPO, 1987, n° 4, p. 158. Puis, Stofflet arrive à son tour à La Jaunaye le 18 février[231]. Plus grande menace royaliste intérieure qu'ait connue la Révolution, la guerre de Vendée eut des conséquences dramatiques pour les territoires qu'elle a traversés : la Vendée, mais aussi le pays de Retz et une partie de l'Anjou. Le 21, Travot l'attaque à La Bégaudière, entre Saint-Sulpice-le-Verdon et Saint-Denis-la-Chevasse, et le met en fuite[298]. En 2014, Jean-Clément Martin juge que l'estimation donnée par Jacques Hussenet « semble raisonnable et fondée »[3]. En juillet, elles envoient à Paris deux émissaires, Béjarry et Scépeaux, qui sont reçus par la Convention nationale, mais la reprise d'armes de Charette fait échouer les négociations[254]. Barras, en évoquant l'œuvre de Hoche dans ses mémoires, porte également le bilan de la guerre à « plus de six cents mille hommes des deux partis »[328]. De même, il évalue la densité de la population entre 700 et 790 habitants par lieue carrée et par généralité (France). Il entre dans mes projets, et ce sont les ordres de la Convention nationale[370], d'enlever toutes les subsistances, les denrées, les fourrages, tout en un mot dans ce maudit pays, de livrer aux flammes tous les bâtiments, d’en exterminer tous les habitants… Oppose-toi de toutes tes forces à ce que la Vendée prenne ou garde un seul grain… En un mot, ne laisse rien à ce pays de proscription[371]. les guerres de vendée La guerre de Vendée est le nom donné à la guerre civile qui opposa partisans (bleus) et adversaires (blancs) du mouvement révolutionnaire dans l'Ouest de la France, entre l'An I et l'An IV (1793 et 1796) au cours de la Révolution française, et … De l'hiver 1793 au printemps 1794, en pleine période de la Terreur, une violente répression est mise en place par les forces républicaines. Louis Guérin lui succède à la tête des Paydrets et rejoint Charette qu'il reconnaît pour chef[206]. Sur le plan politique, la Vendée se distingue, depuis la Révolution, par une fidélité politique aux mouvements politiques conservateurs[314],[315]. Dans le cas de la guerre de Vendée, Michel Ragon tente de prouver que les exactions commises par les envoyés en mission correspondaient aux exigences du comité de salut public, et même de la Convention. Malgré une tentative sans lendemain sur Villedieu-les-Poêles, les soldats refusent d'obéir à leurs chefs et décident d'eux-mêmes de regagner la Vendée. Certains officiers, comme Haxo, n'appliquent pas les ordres de destruction et de tueries systématiques et respectent les ordres d'évacuations des populations jugées républicaines. Les Vendéens se portent alors vers la Normandie en passant par Dol-de-Bretagne, Pontorson et Avranches. Le 6, ils attaquent et écrasent la garnison de Legé. Selon lui, les forces vendéennes ne sont plus dangereuses et il estime leur effectif à 6 200 hommes en tout, alors que les Républicains disposent de 28 000 soldats opérationnels. Charette est informé de l'expédition, mais il fait savoir que Challans, Bouin, Beauvoir-sur-Mer et Machecoul sont tenus par les républicains et qu'il ne peut lancer un assaut sur l'île depuis les terres[265]. Jean-Clément Martin, « Un génocide ? En revanche, le sort des paysans, très pauvres, ne s'est guère amélioré depuis 1789, et tend même à se dégrader. Tout le monde aujourd'hui défend l'héritage des droits de l'homme. 7 La deuxième guerre de Vendée (1795-1796) 8 La troisième guerre de Vendée (1799-1800) 9 Ultimes insurrections de 1815 et 1832; 10 Bilan humain. Vous bénéficiez d'un droit d'accès et de rectification de vos données personnelles, ainsi que celui d'en demander l'effacement dans les limites prévues par la loi. Au Mans et sur la route de Laval, les Vendéens laissent derrière eux 10 000 à 15 000 morts et des milliers de prisonniers[123]. Or, pour lui, la question se pose « de savoir quelle est la nature de la répression mise en œuvre par les révolutionnaires »[394]. » En revanche les hommes, femmes et enfants dont le patriotisme ne fait pas de doute devront être respectés et évacués sur les derrières de l'armée[175]. Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, Volume 30, 1825, par Saint-Albin Berville, François Barrière, Dans sa forme adjectivale, « populicide » est employé dans le sens de quelque chose qui cause la ruine du peuple par Babeuf dans la phrase suivante : «. Seules quelques villes indispensables à la marche des troupes doivent être préservées. Le 21 février 2007, neuf députés français de droite, se fondant explicitement sur les travaux de Reynald Secher et de Michel Ragon, ont déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale visant à la « reconnaissance du génocide vendéen ». À partir de là, le bouleversement des structures sociales traditionnelles, la réforme autoritaire du clergé et la levée en masse constituent tout au plus l’étincelle qui a provoqué l'explosion d'un mécontentement plus ancien[9]. Il se lance à sa poursuite et le retrouve à Froidfond le 27 février, où il lui inflige une nouvelle déroute[299]. Les Vendéens contre-attaquent deux jours plus tard et parviennent à chasser les républicains de leur « capitale », mais la ville, presque totalement détruite par les combats, est ensuite abandonnée. Seul le prince de Talmont traverse la Loire avec 4 000 hommes pour s'emparer de Varades et assurer à l'armée une retraite vers la Bretagne en cas de défaite. Les survivants s'enfuient vers Laval, qu'ils traversent pour la troisième fois, dévorés par le typhus et la dysenterie, insultés par la population excédée. Essai sur la violence révolutionnaire 1789-1794, paru en 2000 aux éditions Gallimard, qualifie les exactions commises à l'encontre des vendéens de crime contre l'humanité : « Les souffrances infligées à la population vendéenne après la fin des combats et sans aucune relation avec les nécessités militaires constituent un crime sans équivalent dans l'histoire de la Révolution française, crime que l'on peut qualifier, aujourd'hui, de crime contre l'humanité et que la tradition républicaine, peu soucieuse de revendiquer cet épisode sans gloire de son moment inaugural, a longtemps occulté ou nié »[398]. De leur côté les généraux sans-culottes de Saumur et Angers tentent de faire lever en masse les habitants des territoires non-insurgés contre les rebelles. L’étude du phénomène des réfugiés est encore très récente. Le 25 mars, les forces réunies de Stofflet, Sapinaud et Marigny prennent Mortagne-sur-Sèvre. De son côté, le général républicain Grouchy sort le 29 septembre de Sainte-Hermine avec 4 000 hommes et entre le lendemain dans Belleville sans rencontrer de résistance[268]. Il remporte néanmoins quelques succès, le 26 janvier Chemillé et Vezins, faiblement défendues, sont prises. Le général Jean-Baptiste-Camille de Canclaux, commandant en chef de l'armée des côtes de Brest, planifie alors une nouvelle offensive devant être lancée depuis Machecoul, Palluau, Challans et Saint-Colombin, par quatre colonnes commandées respectivement par Beysser, Boulard, Baudry d'Asson et Laborie[96]. Cependant l'armée de Boulard, jugée trop isolée et éloignée de ses bases, reçoit ensuite l'ordre de battre en retraite[73],[74]. Au total, en Maine-et-Loire, ce sont 11 000 à 15 000 personnes, hommes, femmes et enfants, qui sont emprisonnées, parmi celles-ci 6 500 à 7 000 sont fusillées ou guillotinées, 2 000 à 2 200 meurent dans les prisons[166]. Ce changement est la conséquence d'une reprise en main des opérations par le comité de salut public qui, « au prix d'une utilisation des mots d'ordre les plus fermes et d'une détermination de fer », parvient à contrôler les violences qui ensanglantent le pays[196]. Plus récemment, l'article 6 du statut de la Cour pénale internationale définit le crime de génocide, qui se distingue par l'intention d'extermination totale d'une population, d'une part, la mise en œuvre systématique (donc planifiée) de cette volonté, d'autre part. ». Le 2 janvier, le général Haxo peut lancer son offensive contre Noirmoutier avec 6 000 hommes. Il remonte ensuite sur Cholet, mais Turreau fait évacuer la population et incendier la ville ; les Vendéens ne trouvent que des ruines[204]. L'armée insurgée est peu centralisée, mal équipée — la plus grande partie des armes et munitions venant des prises de guerre faites sur les républicains — et non permanente, les paysans retournant sur leurs terres dès qu'ils le peuvent après les combats. Le 17 février 1795, Charette signe le traité de la Jaunaye, que la Convention thermidorienne accepte au prix de la liberté de culte et de l'exemption de conscription sur le territoire Vendéen. À Angers, où les envoyés en mission Hentz et Francastel sont confrontés, comme Carrier à Nantes, à l'arrivée de milliers de prisonniers vendéens après la bataille de Savenay, les militaires forment en janvier 1794 une commission militaire dite « commission Parein », qui, en quelques semaines, condamne à mort 2 000 personnes, essentiellement des femmes, dans la plupart des cas pour activité contre-révolutionnaire (terme générique renvoyant aussi bien à une participation active à la rébellion que la participation à une messe donnée par un prêtre réfractaire, la simple parenté avec des insurgés ou même le refus de céder aux avances des juges)[165]. De l'automne 1793 au printemps 1794, les armées républicaines ont renoué avec une tactique de massacres et de destructions qui n'avait plus été observée en Europe depuis la guerre de Trente Ans[200],[201]. Les premières vagues importantes arrivent dès le 10 mars 1793 à Nantes. Le 22, il arrive devant Machecoul où l'armée de Charette, démoralisée par ses défaites à Challans et Saint-Gervais, se débande presque sans combattre et abandonne la ville aux républicains[76]. Jean-Clément Martin, « La Révolution a coupé la France en deux », Madame de la Rochejaquelein, veuve d'un des chefs vendéens, explique, dans ses, « aucun prélat ecclésiastique ne suivra l'insurrection vendéenne. Le 25 novembre, la garnison de Nantes s'empare de Port-Saint-Père, le quartier-général de La Cathelinière. Qui sont les gagnants et les perdants de cette année dans la région ? On relève également quelques noyades qui font entre 12 et plusieurs dizaines de victimes[168]. Les défaites des troupes républicaines face aux insurgés royalistes auraient été organisées par le comité de salut public afin d'envoyer à la mort des milliers de soldats républicains, puis il aurait mis en place un plan d'anéantissement des Vendéens[354],[355], que Babeuf met en parallèle avec la répression de l'insurrection lyonnaise, attribuée au seul Collot d'Herbois[356]. Ce jour de mars 1793 où éclata la guerre de Vendée. En 2007, Michel Vovelle précise : « Cela ne justifie pas pour autant les massacres mais permet de les qualifier, en les inscrivant plutôt dans l'héritage de la guerre cruelle "d'ancien style", telle que la dévastation du Palatinat opérée un siècle plus tôt par Turenne pour la gloire du Roi-Soleil, dont les Rhénans ont gardé le souvenir. L'offensive de Berruyer semble alors réussir, mais les paysans de la Gâtine, dans les Deux-Sèvres, se révoltent à leur tour à cette période et prennent pour chef Henri de La Rochejaquelein. Les républicains repoussent ensuite une contre-attaque des troupes de Joly devant Saint-Gilles le 10, puis prennent Saint-Hilaire-de-Riez le 11 et entrent dans Challans, abandonnée par les insurgés, le 12[71]. Le bilan total des morts lors du conflit vendéen est impossible à réaliser par manque de sources fiables, on estime que plus de 300 000 personnes ont péri, dont 70% seraient des Vendéens royalistes. La région connait encore quelques insurrections en 1799, en 1815 et en 1832, mais elles sont d'une intensité bien moindre que le conflit de 1793-1796[303]. Dans cette dernière ville 1 200 prisonniers républicains, soldats et civils, sont délivrés par les Mayençais[110]. Bilan des guerres de Vendée. Fin décembre 1793, le général Turreau, proche des Hébertistes et mal-vu des Mayençais[173], prend la tête de l'armée de l'Ouest. Les Vendéens parviennent à tenir à distance les garnisons républicaines locales et du 10 au 12 août, les Britanniques débarquent 1 200 fusils, de la poudre, 3 000 sabres, 300 paires de pistolets, 700 gargousses et deux pièces d'artillerie[260],[261],[262]. : bilan, réflexion, perspectives / Jacques Hussenet. Dans le no 34 du 6 novembre 1795, il explique : « Osons dire que la Révolution, malgré tous les obstacles et toutes les oppositions, a avancé jusqu'au 9 thermidor et qu'elle a reculé depuis. À Nantes, malgré la division entre le peuple (montagnard) et la bourgeoisie du négoce et du barreau (girondine), les habitants refusent d'évacuer la ville, comme l'ordonnent les envoyés en mission. Rescapés de la Virée de Galerne, La Rochejaquelein et Stofflet rassemblent leurs forces, mais dès le 3 janvier elles sont dispersées par le général Grignon. Michel Vovelle, « L'historiographie de la Révolution Française à la veille du bicentenaire », Max Gallo, « Guerre civile oui, génocide non ! Sapinaud dépose les armes et démissionne de son commandement[295], mais Stofflet refuse de faire sa soumission et est capturé dans la nuit du 23 au 24 février à la métairie de La Saugrenière, près de La Poitevinière[296],[295]. Entre 1801 et 1804, à la demande du Ministère de l'Intérieur, les préfets et les secrétaires généraux des quatre départements concernés dressent un premier bilan démographique en soustrayant la population dénombrée en 1800 de celle de celle dénombrée en 1790 ou 1791. De janvier à mai 1794, le plan est mis à exécution. Ainsi, les opérations peuvent mêler ponctuellement des civils aux troupes régulières, comme le 13 septembre à Doué-la-Fontaine, où le tocsin rassemble 30 000 hommes contre les « brigands »[108], ou le 25 septembre à La Châtaigneraie[109]. Fin septembre et début octobre, son prédécesseur, Philippeaux, a destitué les administrations élues en décembre 1792 et créé un comité et un tribunal révolutionnaires ; ce tribunal a formé la compagnie Marat, une petite armée révolutionnaire d'une soixantaine d'hommes recrutés sur le port. Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République, t. II. 23. Le 5 mai, les républicains entrent dans Legé, qu'ils trouvent vide de combattants vendéens[96],[97]. 1 Les généraux interprètent librement les ordres reçus et agissent de manière très diverses[187]. Quant à l'intensité de cette répression, elle renvoie à une exacerbation de la violence qui rend caduques les règles habituelles de la guerre « pour un certain nombre de responsables politiques et militaires comme pour des soldats et des militants », mais contraire aux décrets de la Convention (femmes, enfants, vieillards et même hommes sans armes devant, par exemple, être préservés), à qui chefs militaires et représentants en mission mentent régulièrement[129]. Des femmes enceintes sont écrasées sous des pressoirs, des nouveau-nés sont empalés au bout des baïonnettes[190]. À la suite de ces échecs, Canclaux donne l'ordre de repli général sur Nantes, Clisson est évacuée et incendiée. De l'autre côté, « les insurgés ont repris les habitudes anciennes des révoltes rurales, chassant et mettant à mort les représentants de l'État, pillant les bourgs, avant que leurs chefs ne réussissent à les détourner, pendant un temps, de ces pratiques qui ont un aspect de revanche et une dimension messianique[403]. Les survivants, dispersés en petites bandes se cachent dans les bois du Maine, de Haute-Bretagne ou du Morbihan, appuyés par une partie des populations locales. Les Vendéens anéantissent les forces de Westermann, qui n'en réchappe qu'avec quelques centaines d'hommes, et reprennent Châtillon le 5 juillet. Stofflet insiste : le 14 février, il attaque Cordellier à Beaupréau, mais il est de nouveau battu. Le terme est défini officiellement par l'assemblée générale des Nations unies dans l'article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée le 9 décembre 1948[343]. Le 14 avril, les républicains atteignent le bourg de Saint-Gervais et repoussent le lendemain une nouvelle attaque des forces de Charette et Joly[72]. Le livre récent de Reynald Sécher1, au titre inutilement provocateur, donne l'occasion de poser le problème des conséquences démographiques de la guerre de Vendée. Les Vendéens regagnent ensuite Belleville avec plusieurs centaines de prisonniers[253]. TV Vendee. Ces troupes se livrent ainsi aux pillages, massacrent la population civile, violant et torturant, tuant femmes et enfants, souvent à l'arme blanche pour ne pas gaspiller la poudre, brûlant des villages entiers, saisissants ou détruisant les récoltes et le bétail. Mais, après la prise d'Angers, la marche glorieuse s'arrête aux portes de la cité ligérienne (du bassin de la Loire). Le 12, devant la Convention, Barère dénonce une « barbare et exagérée exécution des décrets », il reproche au général d'avoir incendié des villages paisibles et patriotes au lieu de traquer des insurgés[179]. » Rapidement, une épidémie de typhus éclate dans les prisons de Nantes, elle tue 3 000 détenus[152],[153],[154],[155], dont 2 000 dans l'entrepôt[156], ainsi que des gardiens et des médecins et menace de s'étendre à la ville. « Tous sont surpris par la brutalité de la rébellion, la plupart hésitent à rallier les insurgés, certains même comme Charette doivent y être contraints par la force[13].